Cette pratique à laquelle les actifs ont recours lorsqu'ils en ont par dessus la tête d'être bafoués ou exploités doit son nom à un impitoyable capitaine anglais. Charles Cuningham James Boycott, pour ne pas le nommer, administrait les terres du comte de Erne en Irlande et se comportait en véritable tyran. Chargé de récolter les loyers à travers le comté de Mayo, Charles Boycott n'hésitait pas à exiger des prix exhorbitants aux locataires et a été, de ce fait à l'origine d'un grand nombre d'expulsions. Vers 1880, la Ligue Foncière Irlandaise ne supportant plus les exactions de ce tyran, décida d'interdire à la population locale de travailler sur les terres de Boycott ou de traiter avec lui, à quelque niveau que ce fût, social ou commercial. Finalement cela revint à ne plus utiliser ou acheter ses biens ou produits, c'était unboycott ! Par extension, leboycott s'est appliqué à toute action de protestation qui se manifeste par le refus de négocier avec une personne ou un groupe. Au XXème siècle, leboycott s'est officialisé lors du conflit opposant l'Italie et l'Abyssinie (Éthiopie actuelle) de 1935 à 1936 car la Société des Nations, l'ancêtre de l'ONU, décide alors de "boycotter" le commerce italien. Voilà comment Monsieur Boycott, de sinistre mémoire, a fait des émules un peu partout dans le monde. Les Latins de la botte affectionnent le fait deboicottare tout comme leurs cousins ibériques chez qui il arrive deboicotar un produit ou un consortium tandisque les Allemands leur préfèrent leboykottieren et que les françaisboycottent tout simplement. Les Russes eux mêmes n'hésitent pas lorsqu'ils en ont l'occasion, à brandir des panneaux deboykot tout comme, dans un autre univers linguistique, leurs voisins turcs.

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