Si certaines ethnies pratiquent l'art dutatouage depuis la nuit des temps, coquetterie qui va de la piqûre, au fil trempé dans les teintures végétales, en passant par le feu ou, jusqu'à la scarification, les Européens se sont longtemps tâtés avant de setatouer. L'explorateur anglais Cook mentionne ces pratiques décoratives dès 1769, il vient de découvrir les îles de la Société, en Polynésie.

Les premiers Européens à avoir franchi le pas, semble-t-il, ont été les marins anglais vers 1770. Leur compatriote Samuel Wallis venait de découvrir, un groupe d'îles près de la Nouvelle Calédonie, dont l'une portera son nom: Wallis et Futuna. Les marins de l'expédition avaient été fortement impréssionnés par lestattoos des autochtones polynésiens. D'ailleurs cet art portait le nom detat-tow en tahitien, et les Polynésiens le pratiquaient abondamment puisqu'ils en avaient le buste recouvert.

Mais cette pratique, correspond le plus souvent à un rite.

-Il peut avoir une signification sociale et marquer le statut d'un individu, comme chez les chefs Maoris de Nouvelle Zélande qui se tatouent le visage ou encore chez les indigènes des Iles Marquises, qui eux ne pratiquent que le tatouage corporel.

-Il peut correspondre à un rite initiatique indiquant ainsi le passage à une phase nouvelle de la vie: la puberté, le mariage, ou le fait que le tatoué ait atteint l'âge guerrier. De tels exemples ont été retrouvés aux îles Hawaïi et aux Marquises. Mais ceci n'enlevait en rien la valeur ornementale dutatouage.

-Chez certains Indiens d'Amérique, letatouage préserve de la mort et de la maladie. On retrouve aussi cette sorte de talisman dans les sociétés hindouistes et boudhistes où le tatouage est censé immuniser contre les mauvais sorts ou les attaques d'animaux sauvages. Boudha lui même en aurait affiché près de 200 !

-Pour d'autres ethnies, cette pratique ancestrale sert à montrer son appartenance à une collectivité. C'est du moins ce qu'il exprime dans certaines sociétés africaines qui utilisent le bleu et le vert pour écarter le mauvais oeil ou encore chez les Aïnos du Japon qui opposent ainsi leur ascendance blanche à celle, Mongole, de leurs autres compatriotes japonais.

- Après la marine anglaise, les équipages français découvrent à leur tour vers 1778, letatouage qu'ils font découvrir à l'Europe Latine. Ainsi le tatouage se décline en tatuaggio chez les navigateurs Génois pour devenirtatuaje à Cadix et terminer entatuagem sur les bords du Douro à Porto.

Sur les rivages de la Mer du Nord et de la Baltique on lui préfère le nom detätowieren. Avec le temps, le tatouage n'est plus resté l'apanage de la marine et maintenant on ne montre plus du doigt ceux qui se tatouent. En Occident, le retour actuel du tatouage équivaudrait plutôt à un démarquage par rapport à la société à laquelle le tatoué appartient. 

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