Le zéro est un grand bourlingueur. Il s'est balladé à travers l'histoire… et le monde. En fait, il est apparu à quatre reprises dans l'histoire, à des périodes très distinctes et, chaque fois, dans des civilisations différentes! Allez savoir qui est son géniteur dans ces conditions ! Pourtant certains ont pu retrouver ses racines.

Petit dernier d'une famille de 9, le zéro est né vers 2000 avant notre ère, en Mésopotamie. Il était alors symbolisé par deux encoches en diagonales pointées vers le bas. Sa naissance a permis de combler un vide et ce faisant, de faciliter la tâche des scribes pour la tenue de leurs livres de comptes.En effet, avant l'arrivée de ce benjamin des nombres, les scribes étaient obligés de transcrire différemment selon qu'ils répertoriaient, des terres, des objets, ou des grains par exemple. Véritable cassse-tête chinois, ceux-ci d'ailleurs ont également trouvé la parade avec le lin, le zéro autochtone, mais en d'autres temps.

Autre époque, autre civilisation, voici, plus proche de nous dans le temps, celle des Mayas d'Amérique Centrale qui n'ont pas attendu Don Cristobal Colombo pour combler leur vide avec un zero.

Mais reprenons la route des Indes, la vraie !

Bien avant le rayonnement de l'Islam et de la culture arabo-persane, les Indiens qui ont horreur du vide, avaient décidé de le remplir avec un nouveau symbole. Ils choisirent de le caractériser par un tout petit cercle, transcritption archi-simplifiée du mot «khâ» qui signifie «vide». Bien plus, les Indiens lui donnèrent le statut de nombre entier qui rejoint ses 9 «pairs» en arithmétique, même s'il est sans valeur.

Les Arabes se sont emparés de la découverte qu'ils ont traduite dans leur langue par : as-sifr (le vide). Les grands mathématiciens arabes développent ensuite cette science qu'ils exportent dans toute l'Europe, notamment.

Les Turcs islamisés à leur tour, adoptent le sifir pour désigner ce petit rond sans valeur. Tandis que grâce à une traduction latine, l'empire byzantin le transmettait à son tour à l'Occident, à travers ses possessions italiennes qui récupéraient en fin de parcours un zefiro.

Celui-ci après un passage par le dialecte vénitien fut altéré en zero tel qu'on le connait aujourd'hui dans de nombreuses sociétés européennes.

Pour les Russes et les germanophones ce chiffre ne vaut rien, il estnull.

Le vocable arabe initial sifr a été détourné dès la fin du VIIIème siècle pour désigner les chiffres, en général. Ainsi en est il des Italiens par exemple qui aiment bien les comptes ronds et n'hésitent pas à “far cifra tonda” ce qui revient à dire, du côté de la Gaule Cisalpine “arrondir les chiffres“.

Et si les Espagnols alignent des cifras derrière leurs Pesetas; les Russes, mettent aussi des dzifra avant leurs Roubles, même si ces espèces sont moins sonnantes et trébuchantes que les Ziffer qui accompagnent les D. Marks . Tout cela pour dire que tout le monde est tombé dans le panneau, même les Anglais qui ont allègrement décliné aussi le mot en verbe decipher. Tous sans exception se sont empressés d'oublier la véritable origine du chiffre, sauf peut être les Portugais.

Plus respectueux de l'histoire, ceux-ci rendent hommage à ce grand mathématicien arabe que fut Al-Kwarizmi et désignent les chiffres sous le nom de algarismo en alternance avec un numero, peut être plus international. 

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