Le mot papier vient du cyperus papyrus, après un passage par le Grec papuros qui signifie "roseau d'Egypte".

Les anciens Egyptiens en effet récoltaient les tiges de papyrus qu'ils coupaient et amoncellaient en tas qui étaient tissés ensemble, puis piétinés et séchés. Le mot hellenique papyros donne naissance à une forme intermédiaire "papilo" qui perdure jusqu'au XIVème siècle en Europe et d'où dérivera le mot papel, dans la langue portugaise notamment. Mais la Péninsule Ibérique connaissait le papier de lin déjà avant l'ère chrétienne. En effet les premiers moulins à papiers furent installés par des négociants Juifs dans la région de Valence, à Jatiba. Ce papier de Jatiba était très recherché par les Romains également, et exporté dans toute l'Europe à partir des entrepôts installés en Catalogne, ce qui expliquerait l'expansion du mot catalan papel dans la Péninsule Ibérique et peut être même au de là des Pyrenées sous une autre variante.

Si les Italiens ont choisi de fabriquer de la carta, c'est que leur vocable est dérivé du grec après un passage par le latin charta, pour la carta que les Egyptiens utilisaient pour désigner le papier, le papyrus étant réservé lui, à la plante.

Mais si les Egyptiens écrivaient sur des rouleaux de papyrus, les Chinois, pour leur part avaient inventé la pâte à papier, dès le IIème siècle avant notre ère. En effet, dans la province de Hunan, au Nord de Canton, un certain Tsai-Lun fabriqua une pâte à papier à base de fibres de mûrier et de bambou. Pendant des siècles le secret de fabrication de cette pâte à papier ne sortira pas de Chine. Vers 610, toutefois, des prêtres mandatés par le roi de Corée rapportent le mode de fabrication de cette pâte qu'ils font également connaître au Japon.

En 768, les Arabes découvrent à leur tour ce secret , lorsqu'ils arrivent à Samarkande, par le truchement de prisonniers de guerre chinois (résultat d'une guerre entre Turkestan et Chine). Samarkande ne tarde pas à devenir un centre de fabrication et de commerce du papier. Après Samarkande, les Arabes installent d'autres unités de production de pâte à papier, à Bagdad (sous le califat de Haroun El Rachid), à Damas qui produira le fameux Papier Damascain, à Alexandrie, à Tunis et surtout à Fez d'où le papier gagnera l'Europe par Seville, Cordoue et Perpignan. Par ailleurs, au milieu du XIème siècle, le papier fait son entrée à Byzance et de là, via l'Italie, il sera introduit dans le reste de l'Europe. Les deux manuscrits en papier les plus anciens d'Europe sont datés respectivement de 1036, il s'agit en l'occurrence du Breviarium et Missale Mozarabicum appartenant à l'abbaye de Silos (près de Burgos) et de 1090 pour le Glossarium Latinum, conservé à Paris. En 1184, la ville de Fez compte déjà plus de 400 moulins à papier.

En 1268, la première fabrique "italienne" de carta voit le jour à Fabriano. En 1319, l'Allemagne se met à faire de la pâte pour le papier dans ses installations de Nuremberg, tandis que la France fonde sa première "usine"à papier à Troyes, en 1348. La pâte à paper anglaise ne sera faite sur place qu'en 1461, à Stevenage.

Mais les rois et savants éprouvent une certaine méfiance à l'égard du papier qu'ils estiment trop fragile et trop difficile à acquérir. Ainsi le roi Frédéric II en interdit l'usage pour les documents officiels en Allemagne. Le roi de Castille Alphonse le Sage fit de même et exigea que l'on utilisât la pergamine de cuir pour tous les documents officiels.

C'est finalement l'imprimerie qui donnera son essor au papier, dès 1453. Mais la pâte à papier faite à partir du bois, telle qu'on la produit aujourd'hui, ne vit le jour qu'au XVIIIème siècle avec l'invention d'une machine à fabriquer le papier en rouleau continu.

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