Le premier à faire mention de ce tubercule est l'Espagnol Pigafeta, en 1534. Il se trouve alors dans l'île de Saint Domingue chez les Taïnos. Ceux ci appellent le tubercule batata ou batate et Pigafeta transcrivit battatte dans ses carnets.

La première racine de «batata» fut introduite en Europe par un autre Espagnol, Nuñez Cabeza de Vaca (Nuñez Tête de vache) en 1555. Les Castillans l'appellent résolument batata. Mais peu avant, un 3ème Espagnol, un dénommé Pedro Ciesa venait de parler aussi d'une batata dans sa «Chronique du Pérou». On connaissait aussi le tubercule chez les Incas.

Cette chronique a été traduite en français et suscitera l'interêt de certains agronomes, dont Antoine Parmentier. C'est après 1588 que la patate commence à être un peu connue dans les capitales Européennes.

En angleterre, Walter Raleigh , ramène des tubercules de potatoes, et du tabac, venus du nouveau continent. Il vient d'échouer dans sa tentative d'installer une colonie dans cette région qu'il a appelée Virginia, en hommage à sa reine, Elisabeth I. Cette région se situe dans l'actuelle Caroline du Nord. Mais sa potatoe ne traverse pas le Channel.

Dans les anciennes Provinces Unies, un botaniste celèbre, originaire d'Arras, Charles de L'Ecluse qui avait eu par ailleurs, le mérite d'établir une classification des végétaux, s'interesse de près, lui aussi, au nouveau tubercule. Lorsqu'il était en poste au Portugal, L'Ecluse avait rencontré ses confrères portugais et espagnols, dont il avait traduit quelques ouvrages. Il avait lu les chroniques et carnets de voyage de tous ces explorateurs.

Il quitte la péninsule en 1565 pour rentrer dans ses Provinces Unies. Mais on n'entend pas parler de la patate dans le grand public pour autant. En France, si elle est déjà connue, elle dort dans les laboratoires experimentaux.

Nous sommes maintenant au XVIIIème siècle, et dans la pharmacie de l'hôpital des Invalides à Paris, un certain Antoine Augustin Parmentier, pharmacien et agronome de son état, fait des recherches sur les cultures végétales alimentaires.Ça tombe plutôt bien et Parmentier le fait sciemment car le peuple crève littéralement de faim et il s'en emeut. Il commence à faire des recherches sur la patate, en étudie les propriétés nutritives. Pour mener à bien ses expériences Parmentier obtient de Louis XVI l'autorisation de cultiver des patates. Le tubercule «alimentaire» n'a que peu de succès en dépit des efforts du malheureux Parmentier, qui lèguera incidemment son nom à un plat cuisiné, à base de patates.

Jusqu'au jour où l'excentrique Marie Antoinette se met à arborer une fleur de patate à la boutonnière de ses vestes ! La noblesse ne jure plus que par le tubercule, et s'ose à en goûter ! Ce qui deviendra le plat du pauvre restera un moment le «caviar» de cette noblesse si loin des réalités quotidiennes. C'était tout de même mieux que d'envoyer les affamés «manger des brioches» sous pretexte qu'ils réclamaient du pain!

Produits
Mot suivant

D'autres Thèmes