Cet arbre tropical de la famille des rubiacées a été vite recherché pour son écorce riche en alcaloïdes. Il est découvert au Pérou par les conquistadores espagnols et conserve dans leur bouche le nom quechua de "quinaquina".

Selon une légende locale, il existait à Loxa, au Pérou, un grand lac bordé d'arbres. Un jour il y eut un grand tremblement de terre et certains arbres tombèrent dans les eaux du lac et leur conférèrent une saveur amère . Certains malades fébriles ont bu l'eau du lac et ont été débarassés de leur fièvre. Il en a été de même pendant longtemps pour tous les animaux malades qui venaient s'y désaltérer.

Concrétement, c'est un fonctionnaire de la couronne d'Espagne, Don Juan Lopez de Canizares, en mission au Pérou qui fait part de ses observations sur l'écorce du quinquina dont il vient d'étudier longuement les vertus curatives. Nous sommes en 1630. Entretemps, ce même fonctionnaire entend parler des accès de fièvre de Doña Ana Osorio de Chinchon, l'épouse du vice-roi du Pérou. Le fonctionnaire castillan recommande au médecin de Doña Ana de lui administrer de l'écorce de quinquina en poudre, c'est à dire, de la quinine. La femme du vice-roi, soulagée, recommande vivement ce remède à tout le monde. C'est ainsi que ce médicament miracle prit le nom de « poudre de la comtesse » et fit son entrée en Europe sous cette "appellation contrôlée".

Dès 1639, la poudre d'écorce de quinquina est prescrite en Espagne, en Italie, grâce au négociant génois Bollo qui en importe d'Amérique Latine, aux Pays Bas puis en Angleterre, grâce à un certain Talbot ou Talbork qui réussit même à guérir le roi Charles II sujet à d'horribles migraines.

Les Jésuites missionnaires qui contribuèrent fortement à l'avancée de la pharmacopée européenne, mirent la quinine ou poudre d'écorce de quinquina un peu à toutes les sauces.Tant et si bien que la précieuse poudre vint à s'appeler "la poudre des Jésuites".

De son côté, en France, le roi Louis XIV mit tout en oeuvre pour racheter le secret de ce remède miraculeux qui venait de guérir le dauphin. L'Académie des Sciences de Paris poursuit ses recherches, sous la direction de La Condamine puis de Jussieu. D'autres espèces de quinine et d'autres substances furent isolées.

De leur côté, les Anglais réimplantent le quinquina dans les Indes et au Sri Lanka à la fin du XVIIIème siècle, mais c'était peu rentable et ils finirent par le remplacer par du thé, plus "juteux". Les Portugais importèrent des plants de quinquina au XIXème siècle, dans leurs colonies de Timor, Angola, Cabo Verde et São Tomé, pour les besoins de l'industrie pharmaceutique.

La quinine, et c'est son plus grand bienfait, a surtout contribué à soigner le paludisme dans les régions où il sévit à l'état endémique.

 

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